Mère Sofia

Qui était Mère Sofia (1946-1996) ?

Mère Sofia (1946-1996)

Mère Sofia a parfois irrité par ses « coups de gueule », elle a souvent dérouté par sa détermination, elle a aussi inspiré le respect par son don de soi et son ouverture totale face à son prochain. Cette façon différente d’aborder les problèmes, cette approche orientée avant tout vers la personne, ont permis de sauver des situations jugées souvent sans solution.

Mère Sofia a eu le temps de transmettre ce mode de travail à son entourage professionnel direct. Il nous paraît dès lors primordial d’assurer la continuité, l’indépendance et l’intégrité de ce mode de travail.

Mère Sofia a commencé son travail de rue au milieu des années quatre-vingts. Partant des expériences réalisées notamment au Canada autour du concept  » Alternative et partage « , elle a tenté d’appliquer une approche différente aux problèmes de la rue. Constitué d’une attitude de proximité et d’une acceptation de la personne en difficulté sans préjugés ni a priori, ce concept a été agrémenté d’une dimension spirituelle au sens large du terme. Aucun prosélytisme, aucune tentative de convaincre, mais une disponibilité aux questions relatives au sujet. Cette large ouverture d’esprit et cette capacité d’accepter l’autre tel qu’il est lui a permis d’obtenir rapidement des résultats probants.

Acquise à la cause de ses protégés, elle n’en était pas moins consciente des besoins financiers que ses actions impliquaient. Elle a donc constitué, peu à peu, un réseau de soutien grâce auquel plusieurs projets importants ont pu être réalisés à Lausanne. Parallèlement, elle a engagé des démarches et créé des liens au sein de nos autorités. Au fil des années, elle a ainsi acquis une légitimité et une reconnaissance des autorités et du public.

En 1991, elle créa le Parachute. Cette unité d’accueil pour jeunes en rupture et malades du Sida était l’un de ses projets phares.

En 1992, la Fondation Mère Sofia fut constituée. Son but est « d’offrir des lieux d’accueil aux sans abris, aux blessés de la vie et aux rejetés de tous dans le respect de la dignité humaine et sans aucune discrimination. ». En fait, il s’agissait avant tout de centraliser la recherche des moyens nécessaires au soutien des activités de Mère Sofia et notamment du Parachute afin de décharger la Révérende de cette tâche.

Outre le Parachute et la Fondation, Mère Sofia réalisa des projets tel que la Soupe populaire de Saint Laurent ou le journal Macadam. Peu à peu, cet ensemble lié à Mère Sofia prit de l’importance et les moyens financiers nécessaires grossirent. A titre d’exemple, le compte de pertes et profits de la Fondation pour 1997 s’élevait à plus de fr. 1’200’000.–.

Ces dernières années, la Fondation et le Parachute vécurent chacun des changements internes importants. Il en résulta une professionnalisation de la Fondation et une plus grande efficacité pour le Parachute.